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Zaïre, le cycle du serpent Thierry Michel

LE CYCLE DU SERPENT «L'évolution du Zaïre peut être décrite comme se déroulant sur quatre périodes, chacune des périodes est représentée par un personnage: la première période c'est l'homme qui parle de liberté, de démocratie, et de bonheur, et elle a débouché sur l'indépendance avec Lumumba. L'indépendance a mal tourné, il y a du désordre partout. 
Puis le Lion est venu s'imposer, c'est Tschombé, et il n'a parlé que d'ordre, remise de l'ordre, après cette deuxième période nous avons la troisième avec le léopard, qui parle comme l'homme mais qui est un félin, donc qui impose une discipline de fer. Et cela va lui permettre de durer des années et des années et le léopard, c'est Mobutu. 
La quatrième période, c'est celle que nous vivons maintenant. Le léopard est arrivé à la fin de son cycle, commence le cycle du serpent. Le serpent, c'est le service de sécurité, et tous les gens qui ont collaboré avec lui pour imposer la dictature, et maintenir la dictature et le serpent n'a pas beaucoup de finesse, il va essayer de serrer et de serrer et de serrer jusqu'à ce que l'homme se révolte et commence à parler encore de démocratie et de liberté et c'est ça que nous sommes en train de faire actuellement au Zaïre. 
Scénario et réalisation / Script and directed by Thierry MICHEL 
Assistants / Assistents Rhita KAFUTSHI 
Pierre N'TANTU Direction photo / Photography Michel TECHY 
Cadre /. Camera Thierry MICHEL 
Prise de son / Sound André BRUGMANS 
Régie / Régie José BAÜ'DUABANZA 
Léon KADIMA MUNTUNTU 
Musique /Music Bashila KABONGO 
Mixage / Mixing Jacques CLISSE 
Montage / Editoring Pilar MORALES 
Assisté de / Assistent Mary sA VIC 
Producteur exécutif / Executive producer Christine PIREAUX 
Producteurs associés / Associate producers Jacques LAURENT André DARTEVELLE , Catherine TREFOUSSE J 
Producteur délégué Les Films de la Passerelle 
Production: Les Films de la Passerelle
La R.T.B.F Télévision belge
C.B.A. 
la S.E.P.T. 
Thierry Garrel
le Ministère de la Communauté française
Zeaux Productions
FR3 
Avec le concours de / with La Loterie Nationale, La Commission des Communautés Européennes , En France: le Ministère de la Coopération et du Développement, le Centre National de la Cinématographie,le Ministère de la Culture et de la Communication 

Documentaire / Documentary-16 mm - 85' - 58' - négatif couleur / color
Thierry Michel est né le 13 octobre 1952 à Charleroi en Belgique dans une région industrielle surnommée "Le Pays Noir". A 16 ans il engage des études de cinéma à l'Institut des Arts de Diffusion, à Bruxelles. Il y vit les derniers bruissements de mai 68 et l'agitation étudiante, prélude à un engagement politique, dans les engrenages militants et lyriques de l'époque. 

Au bassin minier et sidérurgique de son enfance, il réalise ses premiers films documentaires "Pays Noir, Pays Rouge" et "Chronique des Saisons d'Acier". Il y réalise également son premier long métrage de fiction "Hiver 60" qui raconte la grande grève insurrectionnelle belge de 1960. Peu après, alternant documentaires et fictions, il entre une caméra poignante et complice dans les murs d'une prison pour son film "Hôtel Particulier", un hymne à la liberté au coeur de l'enfermement. 

Ensuite, après ces années d'une quête d'identité et d'enracinement régional et politique, Thierry Michel part vers d'autres continents à la recherche d'autres solidarités, d'autres utopies. Dans ce Maroc profond qui l'a toujours attiré, il réalise son deuxième long métrage de fiction "Issue de Secours", une oeuvre poétique et mystique au coeur du désert.

A la fin des années 80, il opère un retour au réel avec le Brésil bouleversant des gosses de rue et des favelas (bidonvilles) qu'expriment les émouvants "Gosses de Rio" et "A Fleur de Terre". Il y découvre la culture noire, cette culture qu'il va approfondir au Zaïre avec son célèbre et plusieurs fois primé "Zaïre, le cycle du serpent", un portrait impitoyable de la nomenclature et des laissés pour compte de la société zaïroise.

Bref retour au pays, il y filme un ministre déchu au coeur d'un scandale politico policier qui ébranle profondément la Belgique "La Grâce Perdue d'Alain Van Der Biest" avant de reprendre son sac à dos et d'aller interroger le bien fondé de la charité armée internationale avec "Somalie, l'Humanitaire s'en va-t-en guerre". 

Quelques mois plus tard, il repart au Zaïre pour y réaliser un film sur l'héritage colonial et la présence blanche dans ce pays après 35 ans d'indépendance, "Les Derniers Colons". Quelques jours après son arrivée, il est arrêté, incarcéré et expulsé du pays. Son matériel saisi, il termine son film grâce à ses archives personnelles et aux images tournées lors des repérages.

Il réalise un documentaire sur le rapport historique entre Zaïrois et colons blancs durant ces 35 années d’indépendance du Congo/Zaïre, “ Nostalgie post-coloniale ”. Après quoi, il repart pour l’Afrique réaliser une oeuvre majeure “ Donka, radioscopie d’un hôpital africain ”. Ce tragique portrait humaniste et sans concession de l’hôpital de Conakry en Guinée obtiendra les plus grandes distinctions tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Toujours entraîné dans le sillage de l’Afrique, Thierry Michel engage, après la chute du dictateur zaïrois, la réalisation d’un documentaire historique qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies shakespeariennes : “ Mobutu, roi du Zaïre ”.

Après 10 années et sept films réalisés en Afrique, il repart vers l’Asie, en République Islamique d’Iran, dans l’un des berceaux de l’islamisme intégriste. Il y réalise son dernier film « Iran, sous le voile des apparences » qui dresse le portrait d’une société fracturée, socialement et culturellement. L’œil du cinéaste y capte la ferveur religieuse des uns qui contraste si violemment avec le désir de liberté des autres. Sélectionné dans les grands festivals, à nouveau il glane de nombreuses distinctions internationales.

Thierry Michel va ensuite remonter le fleuve Congo et voyager à nouveau dans l'histoire, la mémoire et le destin de l'Afrique. Cheminement personnel vers la source et les origines de ce pays, il continue avec "Congo River" sa quête de lumière et de ténèbres, porté par le désir de remonter dans le mystère et les profondeurs de sa forêt équatoriale et de son fleuve majestueux. 

Insatiable de curiosité, Thierry Michel n'arrête pas depuis plus de 30 ans de filmer les visages qui peuplent la "réalité sublimée" de sa caméra à travers le monde. "Les clés sont les mêmes, ici ou là-bas. Les distances avec l'autre s'abolissent. L'homme est le même partout, les pulsions de vie et de mort s'affrontent de façon identique. Et je n'ai pas fini de chercher."
Prix spécial du jury - Sesterce d'argent - Prix du public au Festival international de Nyon (Suisse) 
Médaille d'argent du documentaire de création à l'URTI - Monte Carlo (France) 
Prix Nanook au douzième bilan ethnographique à Paris (France)
Prix de l'Écran d'Or du festival "Vues d'Afrique" à Montréal (Canada)
Certificate of Merit au 38 ème festival du Film de Cork (Irlande), - Grand Prix à "Filmer à tout prix" - Bruxelles (Belgique)