FILMS

 

Nostalgies postcoloniales Thierry Michel

« Nostalgies post coloniales », c’est d’abord la récolte du récit et des réflexions de ces expatriés belges qui ont vécu l’histoire du Zaïre depuis l’indépendance jusqu’à nos jours.  A travers les témoignages croisés l’on rencontre des personnalités aussi diverses que l’Ambassadeur de Belgique à Kin, le procureur de l’odre des missionnaires scheutistes au Zaïre, un professeur d’université, conseiller du président Mobutu, un homme d’affaires surnommé « l’embassadeur des flamands », et proche du président, un juge peintre de la femme africaine, un conservateur du musée antiraciste radical, un cadre de la société des chemins de fer zaïrois romancier et essayiste.  C’est toute la vision plurielle, tantôt nostalgique et tantôt critique du Zaïre de ces trente dernières années qui nous est donné à voir, par l’intermédiaire tant d’européens que d’intellectuels zaïrois.

Plus qu’un constat, ce document se veut une réflexion tournée vers l’avenir et qui interroge le racisme, l’apartheid, la décolonisation, la recolonisation, la lutte démocratique et tout simplement l’avenir de ce pays.

Un film de

Thierry Michel

 

Produit avec l’aide

Du Ministère de la Communauté Française

De Belgique

 

Du Centre de l’Audiovisuel

à Bruxelles

 

Direction de production

Nicole Deschreider

 

Secrétaire de production

Chantal Voets

 

Image

Michel Boulogne

Michel Téchy

Patrick Van Nyen

 

Son

Wim Luyten

Jean-Paul Géal

 

Montage

Bruno Duvillier

Marie-Hélène Dozo

 

Mixage

Jacques Clisse

 

Illustration sonore

Vicky  Mangon

 

Télétitrage

Imagique

 

Archives

Imadoc

Inédit

Musée de Tervuren

Réalisation

Thierry Michel

 

Producteur exécutif

Jacques Vierendeels

 

Producteur associé

Chrstine Pireaux

 

Une coproduction

RTBF Télévision belge

Les films de la Passerelle

 

Avec la collaboration

Du Centre de l’Audiovisuel à Bruxelles (CBA)

Et du Ministère de la Communauté Française

De Belgique

 

Thierry Michel est né le 13 octobre 1952 à Charleroi en Belgique dans une région industrielle surnommée "Le Pays Noir". A 16 ans il engage des études de cinéma à l'Institut des Arts de Diffusion, à Bruxelles. Il y vit les derniers bruissements de mai 68 et l'agitation étudiante, prélude à un engagement politique, dans les engrenages militants et lyriques de l'époque.

Au bassin minier et sidérurgique de son enfance, il réalise ses premiers films documentaires "Pays Noir, Pays Rouge" et "Chronique des Saisons d'Acier". Il y réalise également son premier long métrage de fiction "Hiver 60" qui raconte la grande grève insurrectionnelle belge de 1960. Peu après, alternant documentaires et fictions, il entre une caméra poignante et complice dans les murs d'une prison pour son film "Hôtel Particulier", un hymne à la liberté au coeur de l'enfermement.

Ensuite, après ces années d'une quête d'identité et d'enracinement régional et politique, Thierry Michel part vers d'autres continents à la recherche d'autres solidarités, d'autres utopies. Dans ce Maroc profond qui l'a toujours attiré, il réalise son deuxième long métrage de fiction "Issue de Secours", une oeuvre poétique et mystique au coeur du désert.

A la fin des années 80, il opère un retour au réel avec le Brésil bouleversant des gosses de rue et des favelas (bidonvilles) qu'expriment les émouvants "Gosses de Rio" et "A Fleur de Terre". Il y découvre la culture noire, cette culture qu'il va approfondir au Zaïre avec son célèbre et plusieurs fois primé "Zaïre, le cycle du serpent", un portrait impitoyable de la nomenclature et des laissés pour compte de la société zaïroise.

Bref retour au pays, il y filme un ministre déchu au coeur d'un scandale politico policier qui ébranle profondément la Belgique "La Grâce Perdue d'Alain Van Der Biest" avant de reprendre son sac à dos et d'aller interroger le bien fondé de la charité armée internationale avec "Somalie, l'Humanitaire s'en va-t-en guerre".

Quelques mois plus tard, il repart au Zaïre pour y réaliser un film sur l'héritage colonial et la présence blanche dans ce pays après 35 ans d'indépendance, "Les Derniers Colons". Quelques jours après son arrivée, il est arrêté, incarcéré et expulsé du pays. Son matériel saisi, il termine son film grâce à ses archives personnelles et aux images tournées lors des repérages.

Il réalise un documentaire sur le rapport historique entre Zaïrois et colons blancs durant ces 35 années d’indépendance du Congo/Zaïre, “ Nostalgie post-coloniale ”. Après quoi, il repart pour l’Afrique réaliser une oeuvre majeure “ Donka, radioscopie d’un hôpital africain ”. Ce tragique portrait humaniste et sans concession de l’hôpital de Conakry en Guinée obtiendra les plus grandes distinctions tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Toujours entraîné dans le sillage de l’Afrique, Thierry Michel engage, après la chute du dictateur zaïrois, la réalisation d’un documentaire historique qui n’est pas sans rappeler les grandes tragédies shakespeariennes : “ Mobutu, roi du Zaïre ”.

Après 10 années et sept films réalisés en Afrique, il repart vers l’Asie, en République Islamique d’Iran, dans l’un des berceaux de l’islamisme intégriste. Il y réalise son dernier film « Iran, sous le voile des apparences » qui dresse le portrait d’une société fracturée, socialement et culturellement. L’œil du cinéaste y capte la ferveur religieuse des uns qui contraste si violemment avec le désir de liberté des autres. Sélectionné dans les grands festivals, à nouveau il glane de nombreuses distinctions internationales.

Thierry Michel va ensuite remonter le fleuve Congo et voyager à nouveau dans l'histoire, la mémoire et le destin de l'Afrique. Cheminement personnel vers la source et les origines de ce pays, il continue avec "Congo River" sa quête de lumière et de ténèbres, porté par le désir de remonter dans le mystère et les profondeurs de sa forêt équatoriale et de son fleuve majestueux.

Insatiable de curiosité, Thierry Michel n'arrête pas depuis plus de 30 ans de filmer les visages qui peuplent la "réalité sublimée" de sa caméra à travers le monde. "Les clés sont les mêmes, ici ou là-bas. Les distances avec l'autre s'abolissent. L'homme est le même partout, les pulsions de vie et de mort s'affrontent de façon identique. Et je n'ai pas fini de chercher."