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Ben Barka, l'équation marocaine Simone Bitton

Le 29 octobre 1965, le dirigeant de l'opposition marocaine Mehdi Ben Barka était enlevé en plein Paris et disparaissait à jamais. 
L'affaire Ben Barka fut en France l'un des scandales politico-judiciaires les plus sombres et les plus médiatisés de ce siècle. Elle eut également un grand retentissement international, car Ben Barka était considéré comme le porte-parole et l’ambassadeur itinérant du mouvement tiers-mondiste. Au moment de sa disparition, il faisait la navette entre Alger, Le Caire, Cuba, Pékin et Moscou pour préparer la première conférence tricontinentale: Tous les dirigeants des pays et des mouvements se réclamant de l’idéologie de libération devaient se réunir à Cuba, à son initiative et sous sa présidence. 
Trente cinq ans après cette disparition, et malgré une récente levée partielle du secret défense français, on ne sait toujours pas avec certitude qui a tué Ben Barka. Son corps n’a jamais été retrouvé et l’enquête s’est enlisée dans les dossiers bien fermés d'un grand nombre de services secrets et de polices parallèles.
Cependant, ce film n’est pas une nouvelle enquête sur la disparition de Ben Barka. Nous ne savons pas ce que des dizaines d'enquêteurs, d'hommes de loi et de journalistes n'ont jamais réussi à complètement élucider. Notre propos est différent: Nous voulons dresser le portrait d'un homme, de son pays et de son époque. C’est la vie de Ben Barka qui nous intéresse, beaucoup plus que sa mort. Car en disparaissant, Ben Barka a été rayé de l'histoire. L’affaire Ben Barka a monopolisé l'attention, Mehdi Ben Barka a été oublié. Ce film sera donc un portrait de Ben Barka par ceux qui l’ont connu, par l’archive et par l’enquête sur les lieux de sa vie. Un tel portrait n’a jamais été entrepris à ce jour.
On se souvient du nom de Ben Barka et de l’histoire rocambolesque de son enlèvement, mais on a oublié tout le reste: Son envergure politique et intellectuelle exceptionnelle , les espoirs qu'il a incarné, ses combats, ses succès et ses erreurs. Surtout, on a oublié de parler du Maroc et des Marocains, pour lesquels il voulait un avenir meilleur.

Le Maroc a changé, nous dit-on. Le gouvernement y est dirigé par un ancien compagnon de Ben Barka et les prisonniers politiques reprennent, un à un, le chemin de la liberté. Mais l’histoire de Ben Barka, l’enfant de la médina de Rabat qui perdit la vie pour avoir trop vite voulu changer le monde, reste toujours à raconter: 
L’histoire d’un homme dont les assassins cherchaient à effacer jusqu'à l'image, et ce film veut retrouver cette image...
Auteurs Patrice BARRAT & Simone BITTON
Réalisation Simone BITTON
Image Jacques BOUQUIN
Son Hilal ABDELLILAH, Karym RONDA, Joël FLESCHER & Michel BRETHEZ
Montage Catherine POITEVIN
Personnes interviewées Bachir BEN BARKA, Mohamed (Mao) FREJ, Zhor, Zoubida et Saïda BEN BARKA, Aboubaker KADIRI, M’Hamed AOUAD (Journeaux), Abdallah LAAYACHI, Mohamed ELYAZGHI, Ahmed OSMAN, Mohamed BENSAÏD, M’Hamed BOUCETTA, Mohamed (Fqih) BASRI, Abderrahmane YOUSSOUFI, Abdellatif JEBRO, Ahmed BEN BELLA, Jean TABET, Hamid BARRADA, Didar FAWZY
Production déléguée Patrice BARRAT, ARTICLE Z
Co-production ARTE France, Article Z, Les films de la Passerelle, RTBF (Télévision belge), Canal Horizons
En collaboration avec TFO, TVOntario, la Télévision Suisse Romande
et le soutien de Centre National de la Cinematographie, la PROCIREP, la SCAM (Société civile des Auteurs Multimédia), « Le Journal- Assahifa » (Maroc), le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique et des distributeurs wallons
Distribué avec le soutien du Programme MEDIA de l’Union Européenne
Long métrage documentaire - 84'- Beta SP
Simone Bitton est née au Maroc en 1955. Elle a vécu à Rabat, à Jérusalem et à Paris. 
Elle détient la double nationalité française et israélienne, et ne désespère pas de retrouver également sa citoyenneté marocaine. 
Diplômée de l’IDHEC, elle a réalisé une quinzaine de films documentaires, du film d’archives historiques à l’enquête intime, en passant par les portraits d’écrivains, de musiciens ou de personnages politiques. Tous son travail témoigne d’un engagement humain et professionnel pour une meilleure appréhension de l’actualité, de l’histoire et des cultures d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. 
Plusieurs de ses films ont été diffusés en parallèle sur des chaînes européennes, arabes et israéliennes, suscitant bien des débats passionnés des deux côtés de la tragédie moyen-orientale. 
MUR est son premier long-métrage produit pour le cinéma.
21/04/2001 84' RTBF 2 20h Belgique
25/04/2001 84' RTBF 1 9h30 Belgique
25/04/2001 84' RTBF 1 9h30 Pays bas
13/06/2001 84' ARTE 20h45 Belgique